La biopsie prostatique

La biopsie de la prostate

Définition de la biopsie de la prostate

La biopsie de la Prostate avec guidage échographique est le seul examen permettant le diagnostic du Cancer de la Prostate.

En cas de suspicion d’un tel diagnostic (élévation du taux de PSA total ; anomalie au toucher rectal), votre Urologue du Centre d’Urologie Sud Parisien vous proposera la réalisation d’une série de biopsies prostatiques échoguidées, précédées ou non par la réalisation d’une IRM Pelvienne et de la Prostate à la recherche de cibles intra-parenchymateuses prostatiques.

Effets secondaires fréquents de la biopsie prostatique

Vous avez subi une série de biopsies de Prostate. Après cet examen, vous pouvez présenter les symptômes suivants :

  • Hématurie : présence de sang dans les urines
  • Rectorragies : présence de sang dans les selles
  • Hémospermie : présence de sang dans le sperme (caractérisé par des écoulements rouges à marrons lors de l’éjaculation, les jours suivants l’examen)

Fièvre et brûlures mictionnelles, parfois élévée à 39°C – 40°C avec ou sans frissons : il s’agit d’une urgence urologique, vous devez contacter votre Urologue afin d’adapter votre traitement antibiotique (souvent un nouvel antibiotique vous sera prescrit et parfois lors d’une courte hospitalisation).

Résultats de biopsie prostatique

Après la réalisation des prélèvements biopsiques, ceux-ci seront ensuite analysés au microscope par un Médecin Anatomopathologiste. Le diagnostic définitif étant disponible sous 10 jours après les biopsies, les résultats vous seront remis par votre Urologue, lors d’une consultation de contrôle.

Préparation du patient

Antibioprophylaxie

Une antibioprophylaxie est recommandée avant les biopsies pour limiter le risque infectieux (niveau de preuve 2). Les fluoroquinolones systémiques (ofloxacine 400mg ou ciprofloxacine 500mg) sont recommandées en une prise unique par voie orale, une à deux heures avant la réalisation de l’acte. En cas d’allergie ou d’intolérance aux quinolones, ou en cas de prise récente de quinolones, l’alternative proposée est la ceftriaxone (1g).
Dans les nouvelles recommandations de l’American Heart Association de 2007, l’antibioprophylaxie de l’endocardite n’est plus systématique en cas d’interventions urologiques. En effet, le risque est lié essentiellement à l’entérocoque car Escherichia colin’est pas impliqué dans les endocardites.

Préparation rectale

Le lavement rectal avant les biopsies diminue le risque de bactériémie et de bactériurie. Cependant, il n’existe pas de preuve de son efficacité dans la prévention des infections patentes. Il diminue l’inconfort des patients pouvant être dû à la présence de matières fécales dans le rectum. Il diminue également les artéfacts d’images. L’utilisation d’un lavement rectal par Normacol® ou d’un suppositoire type Éductyl® est optionnelle. La douche devra être réalisée après cette préparation rectale.

Voie d’abord

La voie transrectale et le guidage échographique sont recommandés pour la réalisation des biopsies prostatiques (Fig ci-contre). La voie transpérinéale avec guidage échographique est utilisée en cas d’un accès rectal impossible. L’émergence du concept de thérapie focale pour le cancer de la prostate localisé a fait proposer une cartographie biopsique par voie périnéale. À l’aide d’une grille de curiethérapie, la quasi-totalité de la glande peut être biopsiée permettant de sélectionner les bons candidats et guider le traitement ablatif focal ou partiel. Cependant, la nécessité d’une anesthésie générale ou locorégionale et le risque élevé de morbidité (10 %) associant une hématurie macroscopique prolongée et une rétention urinaire doit en limiter l’utilisation dans le cadre d’un protocole expérimental.

Anesthésie

Une anesthésie locale à base de lidocaïne à 1 % est recommandée pour améliorer la tolérance de l’examen (niveau de preuve 1). La réalisation d’un bloc périprostatique par voie endorectale échoguidée avec une aiguille 22G est la technique de choix. L’instillation intrarectale de gel anesthésiant est moins efficace que le bloc périprostatique (niveau de preuve 1). L’analgésie au MEOPA est possible, avec un personnel soignant formé et une salle équipée, dans un environnement médicalisé. Le taux d’échec est de 10 à 30 %.

Une anesthésie générale ou locorégionale peut être réalisée dans certains cas particuliers représentant moins de 10 % des actes : intolérance physique ou psychologique à l’acte, sténose anale, antécédents de chirurgie ou de pathologie anorectale, voie d’abord périnéale. Ces facteurs ayant fait décidé d’une anesthésie générale ou locorégionale doivent être précisés dans le dossier médical.